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  • Paolo De Angelis

A la découverte de l’endométriose :

Partie 1/2


L’endo… quoi ? Encore trop peu connue, elle touche en moyenne 1 femme sur 10 en France.

Qu’est-ce que c’est ? Est-ce que ça fait mal ? Peut-on la soigner ?

Je vous propose aujourd’hui de découvrir le monde de… l’endométriose !


Définition


L’endométriose est une maladie inflammatoire chronique qui se développe uniquement chez la femme. Elle atteint l’appareil gynécologique et touche en moyenne 1 femme sur 10 (sûrement plus car beaucoup ne sont pas diagnostiquées) en âge de procréer.

Pour bien comprendre la maladie, il faut d’abord comprendre tout le processus physiologique.


Anatomie et fonctionnement d’une personne sans pathologie



L’utérus (situé au niveau de la cavité pelvienne), est tapissé d’une muqueuse que l’on appelle “endomètre”. Ce dernier est composé de cellules qui participent à la nidation de l'œuf lors de la fécondation.

Deux choix sont alors possibles :

  • Il y a fécondation et une “dentelle utérine” se met en place pour accueillir la nidation.

  • Il n’y a pas fécondation, cette dentelle est éliminée par hémorragie (hello cycle menstruel !).

En cas d’endométriose


Les cellules de l’endomètre se retrouvent en dehors de l’utérus (qu’est-ce que vous foutez là ?). Comme ces cellules ne se situent plus dans l’utérus lors des périodes menstruelles, elles ne peuvent être éliminées et vont donc s’implanter et se répandre sur les organes voisins (péritoine, ovaire, trompe, intestin, vessie…).

Cela crée des réactions inflammatoires locales, cycliques (chaque mois au moment des périodes menstruelles !) et provoque d’intenses douleurs.


Outre les douleurs importantes, l’endométriose peut aussi être responsable d’infertilité chez la femme (on en reparle plus tard).


Lien d’une vidéo très bien expliquée par ENDOFRANCE : Cliquez ici.


Différents types d’endométriose :


Lorsque l’on parle de cette maladie, nous sommes obligés d’en parler au pluriel. En effet, il existe 3 types d’endométriose :

  • Superficielle

  • Ovarienne

  • Profonde


ATTENTION : Il est important de noter que l’intensité des douleurs ne représente pas le type d’endométriose.


Endométriose superficielle


Elle correspond à une implantation des cellules de l’endomètre dans la partie abdomino-pelvienne, localisée ou diffuse.

L’atteinte n’est pas profonde et peut stagner (pas d’évolution sévère).

En résumé : Moins de 5mm (peu profond).


Endométriose ovarienne ou kyste de l’ovaire


Il se peut que l’endométriose provoque un kyste au niveau d’1 ou des 2 ovaires. Ce kyste peut atteindre les deux côtés (avec une préférence pour l’ovaire gauche) et peut mesurer plusieurs millimètres à quelques centimètres.

Cela entraîne donc une inflammation et des douleurs intenses.

Cette inflammation croissante est nocive pour le bon développement des ovocytes (cellules qui permettent la reproduction féminine) et va diminuer la qualité de cette dernière. C’est pourquoi on peut observer de possibles infertilités dans ce cas d’endométriose.


Remarque chirurgicale : Lors de la dissection du kyste, la couleur est « chocolat » (beurk). C’est ce qui permet d’affirmer que ce kyste est bien lié à l’endométriose. Qui veut du chocolat ? 😉


Endométriose profonde


Comme son nom l’indique, elle va s’implanter plus profondément dans la cavité pelvienne.

On peut énumérer le terme “profond” lorsqu’il y a plus de 5 millimètres sous la surface du péritoine (couche qui entoure les viscères).

On parle d’endométriose profonde, lorsque les lésions touchent certains organes comme la vessie, le vagin, l’uretère, ou le tube digestif.


Cette endométriose est très invasive et son évolution n’est pas encore connue.


Remarque


Les personnes atteintes d’endométriose ont souvent le droit à un double « wombo-combo » :

- Superficielle + ovarienne

- Profonde + ovarienne

- Les 3 en même temps (kit complet)


Symptômes


Il existe de nombreux symptômes à cette maladie. Certains sont plus visibles que d’autres.

Ci-dessous les 7 symptômes les plus couramment observés.


Les règles douloureuses


Elles sont un symptôme si :

- La douleur est cyclique (revient avec les règles).

- La douleur persiste aux antalgiques simples : doliprane…

- La douleur empêche de mener les activités quotidiennes


Les saignements abondants

Ils sont un symptôme si :

- Les règles sont abondantes et durent plus de 7 jours

- Les saignements se déclenchent en dehors de la période des règles (appelés « spot » par les gynécos et sages-femmes, et « métrorragies » de son nom scientifique).

- Il y a présence de rectorragies (saignements par l’anus, on reste dans le glamour 😉). Ces dernières peuvent être le signe d’une atteinte digestive (surtout si cela survient durant les règles).


Dyspareunie profonde (interdit aux moins de 18 ans 😊)


Douleurs ressenties au niveau du bas ventre lors des rapports sexuels avec pénétration.


Troubles digestifs


On parle d’endométriose digestive quand l’endométriose se développe sur les intestins, le côlon, le rectum.

Les troubles digestifs sont un symptôme si :

  • Il y a alternance entre diarrhées et constipations

  • Il y a des douleurs lors de la défécation 💩

  • Il y a des rectorragies (expliqué juste avant !)


Troubles urinaires


On parle d’endométriose « vésicale » quand l’endométriose se développe au niveau de la vessie.

Les troubles urinaires sont un symptôme si :

  • Il y a des douleurs pelviennes et urinaires

  • Il y a des dysuries (difficultés pour vider la vessie)

  • Il y a des pollakiurie (envie fréquente d’uriner)

  • Il y a présence de sang dans les urines

La fatigue chronique


Imaginez-vous avez des douleurs qui reviennent constamment ? Difficile d’être en pleine forme !

C’est le cas chez certaines femmes atteintes d’endométriose.

Cerise sur le gâteau ? Les douleurs peuvent créer des réveils nocturnes, avec des envies fréquentes de meurtre… non je plaisante ! Des envies fréquentes d’aller aux toilettes.

On résume :

- Vous avez mal

- Vous dormez mal

- Vous travaillez toute la journée et vous avez vos propres soucis quotidiens

- Vous prenez des médicaments et devez subir quelques effets secondaires

- Vous n’êtes pas forcément compris par votre entourage (professionnel, familial, médical…)

- Et tout cela très régulièrement et de manière aléatoire

Y’a de quoi créer une belle fatigue chronique

L’infertilité


C’est souvent lors d’un « bilan de fertilité » (quand vous n’arrivez pas à avoir de bébés) que l’on peut vous diagnostiquer une endométriose.

Le personnel médical insiste alors souvent sur ce symptôme. Pourquoi ?

- Plus la maladie avance et plus le risque d’infertilité augmente.

- Chez certaines femmes, être enceinte permet de réduire les autres symptômes.

De manière générale, je pense qu’il est important de vous en parler, afin que vous puissiez faire vos propres choix par la suite.


Bonus à savoir


Tous les symptômes sont aggravés dans les périodes péri-menstruelles (on continue les cadeaux 😉).


Traitements médicaux


Dans un premier temps, il est important de rappeler qu’à ce jour, il n’existe aucun traitement définitif à l’endométriose (valable pour n’importe quel type d’endométriose).

En attendant les progrès de la science, il existe quand même certains traitements qui permettent de ralentir l’évolution de la maladie pendant plusieurs années.


D’un point de vue médical, on relève 3 étapes dans le traitement :

- L’hormonothérapie

- La ménopause artificielle

- Le traitement chirurgical

L’hormonothérapie


L’endométriose est une maladie dépendante d’une hormone, l’œstrogène. Le but va donc être de priver notre organisme de cette hormone. L’hormonothérapie est donc une mise en aménorrhée (arrêt des règles).

Pourquoi ce choix ?


Parce que sinon les lésions vont saigner en même temps que les règles et créer de micro-hémorragies (partout là où les cellules se sont installées).


Il existe deux types de traitements hormonaux :

  • Via une pilule (en continu)

  • Via un stérilet (qui libère des hormones)

Ce traitement peut, pour certaines femmes, aider à réduire les souffrances et ainsi vivre “normalement”.


ATTENTION : Aucun médicament n’est miraculeux. On parle de traitements non naturels. Quelques effets secondaires peuvent être associés à la prise de ces traitements.


C’est le traitement à favoriser dans un premier temps, car il est moins invasif que la chirurgie. Si ce type de traitement ne fonctionne pas, place à la ménopause artificielle. Ménopause artificielle


Comme son nom l’indique, il s’agit de créer une ménopause artificielle, mais en réintroduisant progressivement un peu d’œstrogènes. Tout ceci dans un suivi médical encadré et surveillé.


REMARQUE : Une ménopause n’est pas un simple arrêt des règles (aménorrhée), mais tout un processus physiologique n’impactant pas seulement le cycle menstruel et l’ovulation.

REMARQUE INUTILE : Souvent, cette ménopause artificielle est faite par injection d’un liquide dans un muscle. Quel muscle ? le fessier ! Juste pour info...


La chirurgie


Elle reste la dernière aide pour soulager les symptômes de la maladie pendant un certain temps. Elle est utilisée en cas d’échec des traitements préalablement cités.

Tout doit être bien pris en compte :

  • L’état de la patiente (vie au quotidien, intensité des douleurs…)

  • Le désir d’une grossesse ou non

  • Les antécédents médicaux…

Ce qu’il faut impérativement retenir


Quel que soit le type de traitement effectué, vous devez être suivi régulièrement par un médecin / gynécologue.

Ces informations ne remplacent à aucun moment l’avis de ces derniers.

Chaque personne est unique et doit être accompagnée et traitée comme telle.


Parcours de soin


Le site EndoFrance est pratique et très bien réalisé afin de vous informer plus amplement sur cette maladie et le suivi possible. N’hésitez pas à entrer en contact avec eux pour de plus amples informations : cliquez ici.


Conclusion

Vous savez maintenant ce qu’est l’endométriose et comment agir d’un point de vue médical.

Cependant, il existe de nombreux autres facteurs essentiels, plus « naturels », pour vous aider à mieux vivre avec la douleur provoquée par l’endométriose.

Alimentation, stress, développement personnel… seront les stars du prochain article 😉


Diététiquement votre,


Paolo DE ANGELIS

Diététicien-Nutritionniste



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